L’Histoire et Activités des avocats

1/ L’Histoire

Le Bâton

Le bâton du Bâtonnier insigne de sa charge, en tant que chef de la confrérie des avocats, fut porté par les Bâtonniers jusqu’à la Révolution. Traditionnellement placé dans la salle des pas perdus, ce bâton a disparu dans les usages modernes mais réapparaît, sous forme de coutume, dans un certain nombre de Barreaux où le Bâtonnier se voit remettre le bâton de l’Ordre au début de son mandat.

Au Barreau de Montpellier, c’est une statuette représentant St Yves, offerte par le Bâtonnier François BEDEL DE BUZAREINGUES, montée sur un bâton,  qui constitue l’insigne de la charge du Bâtonnier. Madame Laetitia JANBON, en 2009, fut la première femme Bâtonnier du Barreau de Montpellier a recevoir cet insigne.

Le sac a procès

Qui n’a pas entendu la fameuse expression “L’affaire est dans le sac”.

Cette expression qui nous est familière,  prend ici tout son sens : avant la Révolution, toutes les pièces concernant une affaire soumise à la justice sont réunies dans un sac. Une fois l’affaire terminée, le sac est pendu dans le Cabinet de l’avocat a un crochet fixé dans le mur ou au plafond. Le sac à procès a disparu, remplacé par le dossier ou la chemise des papetiers, mais il demeure dans notre langue courante. Et qui n’a pas un jour “vidé son sac” ?

La photo montre le sac à procès d’une affaire d’héritage qui, de 1682 à 1686, a opposé Jacques ROUDIER et Jean VIDAL, paysans de l’Aubrac.

Reproduction avec l’aimable autorisation de Mr Jean-Louis ESPERCE, ancien Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de MILLAU (Aveyron)

La robe d’avocat d’hier à aujourd’hui

L’usage du port d’un costume professionnel est ancien.

Les avocats portaient la robe jusqu’au siècle de Louis XIV en toute occasion et en public comme en privé; le vêtement de ville ne devint en usage qu’à la fin du règne, d’abord noir et austère puis, malgré des résistances passionnées, identique à celui de leurs contemporains mais jusqu’à la fin du XIXème siècle, l’avocat se reconnaissait dans le monde par une allure plus grave et un habillement plus classique que celui des gens du monde. Tout ceci n’est plus que souvenir mais la robe traditionnelle rétablie par Napoléon au profit des avocats, continue à être portée aux audiences et aux cérémonies officielles de l’Ordre telle la séance solennelle du Jeune Barreau, parfois aux obsèques d’un avocat …

Le costume d’avocat est le vêtement traditionnel des avocats instauré sous l’Ancien Régime, supprimé momentanément sous la Révolution, il a été rétabli par le décret du 2 nivôse an XII, maintenu par le décret du 2 juillet 1812 et officialisé actuellement par l’article 3 de la loi du 31 décembre 1971.

L’usage du costume professionnel vient du double souci de souligner publiquement l’autorité qui doit s’attacher à l’exercice d’un service aussi important que celui de la justice, et d’assurer une certaine tenue et égalité d’apparence entre les membres d’un Barreau.

C’est l’épitoge qui différencie la robe de l’avocat des autres robes professionnelles.

Séance solennelle de la Conférence du Stage du 24 juin 1994

Le Bâtonnier Gérard CHRISTOL s’adressant à ses jeunes confrères

 “…La robe

Et c’est alors que vous la porterez.

Des plus modestes défenses du quotidien, jamais mineures, au plus solennelles, voire au plus tragiques, vous porterez cette robe noire à rabat blanc.

Elle devient ainsi un point ultime, singulier, quelquefois sublime d’un nouveau parcours professionnel qui, du conseil au constructeur de concepts et de systèmes juridiques, se prolonge par le traitement d’une pathologie inéluctablement liée à la Défense.

Vous la revêtirez alors comme un manteau sur vos épaules pour faire route vers la recherche de la vérité.

Il est bien vrai qu’il n’y aura, à cet instant, aucune inégalité de position sociale, mais égalité de mission, de ferveur partagée.

Elle sera fidèle, et s’il vous arrive de l’oublier, elle sera là, toujours étant même, parce qu’elle vous est si proche, nourrie de votre odeur et de vos émotions.

Délicatement posée au fond d’un vestiaire, rageusement jetée en bout d’un fond d’un coffre, non seulement vous ne lui en voudrez jamais, mais elle vous protègera toujours car elle sait bien, elle, s’il nous arrive de l’oublier, ou de ne l’affirmer que sur un mode incantatoire, qu’il n’y a pas de démocratie sans justice, ni de justice sans défense.

Vous vieillirez ensemble; elle sera accablée et ravie avec vous, sachant malgré tout conserver plus que vous cette réserve et cette distance indispensable à toute élévation de pensée.

Elle ne vous interrompra jamais, conservant un sourire dans les plis de son visage, car dans le dialogue permanent que vous entretiendrez avec elle, elle sait bien que vous souhaitez avoir toujours raison.

Elle poussera même l’habileté en gommant les disgrâces de la nature et du temps à nous faire croire que nous sommes beaux, et avons toujours 20 ans.

Et puis, quand le moment sera venu, si nous l’avons souhaité car elle n’exige rien, elle viendra se poser sur nous pour réchauffer encore les premiers pas de notre dernier voyage.

…”

La toque

Alors que le port de la robe est demeuré rigoureusement obligatoire, celui de la toque est tombé en désuétude dans la plupart des Barreaux, tout en demeurant parfois d’usage dans les cérémonies officielles.

Il symbolisait l’indépendance des avocats qui possèdent seuls le pouvoir de plaider couverts devant toutes les juridictions.

Le tableau de l’Ordre

Le tableau est la liste dressée par rang d’ancienneté de tous les avocats constituant un Barreau auprès d’une juridiction déterminée et que l’on appelle professionnellement les avocats inscrits. Institué par l’article 29 de la loi du 22 ventôse an XII, il est prévu par l’article 1-I et par l’article 20 de la loi du 31 décembre 1971.

Le Conseil de l’Ordre arrête au 01 Janvier de l’année, le Tableau qui comprend la section des personnes physiques, la section des personnes morales et les Avocats inscrits sur la liste Directive Européenne.

Il y a encore quelques années, la plupart des Barreaux (hors Paris) éditaient chaque année une affiche reproduisant avocats au 1er janvier de l’année.

Document officiel, cette affiche était placardée dans les Palais de Justice, les Maison d’Avocats, la salle d’attente des Avocats …

L’augmentation du nombre d’Avocats rend extrêmement difficile, voire impossible la poursuite de cet usage qui est remplacé par des listes alphabétiques, annuaires papiers et annuaires sur le WEB.

A Montpellier, cet usage, malgré le nombre d’Avocats (1088 au 1er janvier 2018) subsiste.

Ouvrages sur l’histoire des Avocats

– Paris et ses avocats, de St Louis à Marianne

Catalogue de l’exposition éponyme (novembre 2001 – mars 2002)

– Les avocats des Hautes Alpes (1830-2007)

La petite histoire du plus haut Barreau de France par Micheline CANELLAS (juillet 2007)

– Histoire des Avocats et du Barreau de TOULOUSE du XVIIIème siècle à nos jours

Sous la direction de Jean-Louis GAZZANIGA, préface du Bâtonnier André DAMIEN, Editions Privat

– Grenoble et ses avocats d’hier à aujourd’hui

Par le groupement Grenoblois des Avocats honoraires sous la direction de Paul DREYFUS

(Presses Universitaires de Grenoble).

Ouvrages historiques régionaux
– Les grandes affaires criminelles de l’Aude par Clément CARTIER, ancien Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Carcassonne – De la Révolution à 1975 – Editions Privat
– Les grandes affaires criminelles de l’Hérault par André FERRAN, ancien Bâtonier de l’Ordre des Avocats de Montpellier, Editions Privat
– L’Etat face à la révolte de 1907 – Le traitement par la Justice de la colère des vignerons du Midi – Préface de Jean HUILLET par André FERRAN, ancien Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Montpellier, Editions la Découverte

 

Contacter l'ordre

Not readable? Change text. captcha txt